Entre 2010 et 2020, un ménage moyen chauffé à l’électricité au tarif réglementé de vente a vu sa facture passer de 1 019 € à 1 522 €, selon l’UFC-Que Choisir.

L’association dénonce dans son étude du 20 mai 2021, l’augmentation de près de 50% de la facture d’électricité des ménages chauffés à l’électricité au tarif règlementé de vente (TRV).

Concrètement, un ménage ayant une consommation annuelle de 8 500 kWh (4 590 kWh en heures pleines et 3 910 kWh en heures creuses) avec un abonnement en 9kVA aura vu passer sa facture d’électricité de 1 019 € à 1 522 € entre 2010 et 2020. Si la fiscalité, qui pèse pour un tiers de la facture, « est souvent pointée du doigt pour expliquer la cherté de l’électricité, force est de constater que ce n’est pas son augmentation, bien que réelle, qui est la principale cause de cette explosion tarifaire », explique l’association de consommateurs.

Inflation galopante du prix de l’électricité

Depuis dix ans, le prix hors taxes du tarif réglementé de vente de l’électricité (TRV) a, en effet, augmenté de 40 %, un chiffre plus de trois fois supérieur à l’inflation sur la période (12,4 %). Une croissance qui s’est concentrée pour moitié au cours des trois dernières années.

« Si la hausse des coûts de transport et de distribution de l’électricité participe grandement au phénomène, c’est surtout celle des coûts liés à l’approvisionnement en énergie qui explique la dynamique haussière la plus récente. Ainsi, de 2018 à 2019, cette composante du TRV a augmenté de 15,2 % », précise l’UFC-Que Choisir. Or, « c’est l’organisation même du marché de l’électricité qui est responsable de cette augmentation », juge l’association. L’étude met en évidence deux causes : la méthodologie de fixation du TRV, qui en fait un prix plafond du marché, et le mécanisme par lequel EDF est contraint de vendre, à un prix régulé, une partie de son électricité nucléaire à ses concurrents, baptisé Arenh (Accès régulé à l’électricité nucléaire historique). « Le rationnement de la quantité d’électricité ainsi disponible a poussé les prix tant du TRV que des offres de marché à croître artificiellement, et frappé très concrètement les consommateurs », estime l’association.

Dérégulation : bientôt une facturation à l’heure ?

Comme si tout cela ne suffisait pas, les consommateurs auront bientôt à subir une facturation indexée en temps réel sur le prix du marché européen de l’électricité. Cette « tarification dynamique » a été adoptée à Bruxelles le 5 juin 2019, via la directive 2019/944. Fini donc le prix du kilowattheure négocié en début d’année. Comme l’épingle L’Humanité, même EDF sera obligée d’y recourir et cette tarification heure par heure est rendue possible grâce au fameux compteur Linky.

Pour les promoteurs de cette nouvelle dérégulation, il s’agit de permettre aux consommateurs « de valoriser leur flexibilité en modulant leur consommation en fonction de signaux de prix. » En d’autres termes, il s’agit de pousser le client final à adapter sa consommation aux variations du cours boursier du mégawattheure.

Aux heures de pic, le matin au réveil et le soir à l’heure du dîner, les prix s’envoleront pour tout le monde, mais l’électricité sera moins chère en pleine nuit, lorsque les gens dorment et en pleine journée lorsqu’ils sont au travail… Moins chère donc pour ceux qui ne dorment pas la nuit ou ne se rendent pas à leur travail en journée.

Le quotidien communiste met en garde contre un scénario à la texane où, lors d’une vague de froid en février dernier, les prix du mégawattheure ont été multipliés par… 225 (9.000 dollars contre 40 en temps normal), précipitant des millions d’Américains dans le noir… et le froid.

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